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Noellie Kodio (Thérapeute holistique)

Noellie Kodio (Thérapeute holistique)

 

« Recherchez le plaisir, pas la performance sexuelle »

 

Partie en France poursuivre ses études, Noellie Kodio a longtemps cherché sa voie, avant de découvrir qu’elle avait un faible pour l’Humain. De formations en séminaires, elle est aujourd’hui spécialisée en thérapie holistique, une thérapie qui considère l’être humain dans sa globalité. Dans son cabinet en banlieue parisienne, elle apporte des réponses aux nombreuses questions que ses clients se posent, allant de la thérapie de couple, sexuelle à des conseils sur la façon de se nourrir.

 

Qui êtes-vous Noellie Kodio ?

Je suis Noellie Lutté Mireille, épouse Kodio, j’ai 42 ans, maman de 3 enfants et je suis de nationalité ivoirienne et camerounaise par ma mère.

 

Quel a été votre parcours pour devenir aujourd’hui thérapeute ?

 Je dirais que je suis partie de zéro. En arrivant en France, depuis la Côte d’Ivoire, je m’étais arrêté au BAC. J’ai fait 2 années en finance-comptabilité. En France, mon objectif était de reprendre mes études mais les choses n’ont pas pu se faire comme je le souhaitais. Du coup, j’ai commencé par faire des petits boulots comme tout le monde, partant de la restauration scolaire à la garde d’enfants.

 

Comment avez-vous fini par trouver votre voie ?

 Je m’étais dit qu’après mes 40 ans, il y a des métiers que je n’avais jamais fait. Mais partir de 38 ans, ça commençait à mouliner à l’intérieur de moi. J’ai interrogé les gens autour de moi pour savoir quelles étaient mes faiblesses et mes qualités ; parce que c’est très important d’avoir une opinion extérieure sur soi. Il en ressortait que j’étais plus dans l’écoute, dans le « solutionisme ». J’ai compris alors qu’il fallait travailler dans l’humain. Le côté santé n’était pas possible pour moi parce que mon rapport au sang n’était pas encore réglé. Donc, aide-soignante, infirmière etc., j’ai refusé.

 

Pourquoi ces refus ?

Tout simplement parce que j’ai beaucoup de confiance en ma capacité de frappe. Si je veux faire quelque chose, je peux y arriver. Quand j’étais assistante maternelle pour la mairie de Conflans (banlieue parisienne) pendant 10 ans, un évènement m’avait frappée. Je gardais un enfant qui se couchait tout seul sans problème. Après les vacances, il ne supportait plus que je le mette dans un lit, dans le noir. Il y avait un message derrière mais lequel ? Cela m’intriguait jusqu’au jour où un des parents me demande si je pouvais témoigner de maltraitance de sa part. C’est ainsi que je comprends que les parents se battaient. L’enfant était mis dans son lit et les parents continuaient de se battre. Le pauvre enfant entendait tout ! Là, ça me touche particulièrement.

 

Que se passe-t-il ensuite ?

Alors, je me demande ce qui aurait pu me passer sous le nez et que je n’ai pas perçu, et qui ne m’ait pas permis de l’aider. Donc, je commence par suivre une formation dans le monde des enfants pour chercher à comprendre leur langage et leur comportement. Tout en continuant dans ma fonction d’assistante maternelle, je constate que les mamans venaient vers moi pour me parler de leurs soucis, me demander des conseils. Parfois j’étais un peu limitée. Alors je me suis lancée dans une formation en thérapie brève. Elle permet de poser le problème et de comprendre les choses en amont. C’était juste pour me renforcer dans mon métier. Je fais aussi une formation sur le couple ; ça peut aider les familles en lien avec ce que je fais. Donc je me forme comme praticien en thérapie conjugale et familiale.

 

 Cela vous a pris combien de temps, toutes ces formations ?

C’était une formation accélérée pour les personnes qui qui avaient déjà un emploi dans le milieu associatif, ce quoi était mon cas. Formation accélérée en 17 jours, du matin jusqu’au soir, comme une personne qui ferait une VAE (validation des acquis de l’expérience), avec un riche amalgame de théorie et de pratique. Et je finis par décrocher mon diplôme.

 

Vos formations étaient-elles réellement en adéquation avec ce que vous viviez sur le terrain ?

Sur le terrain, on peut prodiguer des conseils mais de façon pratico pratique, il y avait encore des problématiques comme le stress, la perte d’un enfant etc. Comme je n’aime pas perdre, un jour, j’ai vu une affiche sophrologie. Je n’en avais jamais entendu parler. C’était fin 2018, et le mot qui m’a plu, c’était relaxologue. Je me documente là-dessus. Au départ j’étais très réticente parce qu’il y avait beaucoup de pratiques qui ne correspondaient pas à mes valeurs personnelles et mes valeurs religieuses. Mais, comme je n’ai pas envie de mourir bête, je vais voir et ce qui est bien dedans. On y apprend beaucoup de choses et après on fait un tri. Donc j’y vais quand même.

 

Décidément, vous n’avez peur de rien…

 Pour rentrer dans tout ce qui est thérapie, il faut déjà être solidement ancrée en soi-même. Cela peut vous chambouler, surtout si vous êtes croyant. Ces choses peuvent vous faire penser que vous n’avez pas besoin de Dieu. D’ailleurs, si des certaines personnes ne sont pas solides dans leur foi, ça ne sert à rien de tenter parce que ça peut retourner le cerveau. Je me forme donc à la sophrologie. Je constate beaucoup de pratiques tirant leur source dans le bouddhisme. La première année, je me spécialise aussi dans la thérapie enfant et adolescent, ainsi que l’accompagnement du deuil, la thérapie pour l’accompagnement des femmes enceintes avec massage bébé. J’apprends l’anatomie-physionomie pour connaître le corps humain. J’enchaine une 2e année. Comme ce sont des métiers qui ne sont pas réglementés, peut devenir sophrologue qui veut. Or, en tant que métier qui touche à la santé, il ne faut pas faire n’importe quoi. Il est important de connaitre nos limites. Je me suis spécialisée aussi en cancérologie et dans l’accompagnement vers la fin de vie. De plus en plus, certains médecins conseillent la sophrologie à leurs patients. Cette 2e année donne le titre RNCP et être donne de s’inscrire au répertoire des métiers. J’ai fait aussi le titre en CP après une soutenance.

 

Je suppose que vous sortez diplômée de tout ceci ; que faites-vous ensuite ?

J’ai commencé par travailler chez moi car l’école nous recommandait de faire 50 pratiques avant la soutenance, soit 5 ans de pratiques gratuitement. J’avais une pièce chez moi qui faisait office de cabinet. A la fin 2019, il fallait vraiment atteindre les 50 pratiques, donc j’ai fait découvrir mon métier à des amis de ma famille et à certains curieux. D’ailleurs beaucoup de personnes qui avaient fait ces séances gratuites m’ont suivie en cabinet. Il fallait ensuite prendre une décision : soit vivre de ce métier ou rester dans mon activité initiale. Mais en février 2019, nous avions déménagé or, avec la mairie dès, que vous sortez de la commune, vous perdez le contrat. J’ai donc dû me retrouver face à moi-même.

 

Là vous n’avez plus le choix…

 Là je m’interroge. Soit, je me lance dans cette activité même si on dit qu’il faut au moins 3 ans pour en vivre, ou alors je me dis qu’une croyance reste une croyance. Mais j’avais un gros problème dans mon rapport à l’argent, lié a mon éducation. C’était donc difficile pour moi de faire payer les séances. Pourtant toutes les thérapies que j’ai faites auraient pu me rapporter près de 10000€ et que j’ai payé 8000€ pour me former. C’était encore très dur de faire payer parce qu’on fait du bien à l’humain.

 

Mais vous avez fini par accepter que ce soit un vrai métier, et que vous pouviez en vivre ?

Non, je n’avais pas vu cet aspect de ma profession, donc j’ai eu un gros souci de légitimité, non pas de la part des autres, mais c’était moi-même le problème. On touche des choses assez sérieuses, donc on ne se sent pas légitime. Je viens de nulle part et je rentre dans la vie des gens ; et on m’appelle thérapeute ? C’est un gros nom qu’on a toujours assimilé à la médecine. C’était très difficile pour moi.

 

N’était-ce pas un gros problème de modestie plutôt que de légitimité ?

Non, cela n’a rien à voir avec le la modestie, mais c’était un souci de légitimité. Plusieurs personnes, comme moi, ne se sentaient pas capables de s’installer en tant que thérapeute. Elles ont aussi fait plein de formations pour être plus généralistes, espérant que c’était mieux. Ce qui est faux, il faut se spécialiser pour être plus efficace. Mais mon blocage était vraiment perso. Je ne me voyais pas m’installer comme ça ! En 2001 j’ai été confrontée à la réalité ; je faisais un métier qui ne me passionnait pas ; je m’étais mise inconsciemment dans une situation qui allait forcément me booster à faire mon vrai métier pour lequel je me suis formée. Je commence alors à chercher un cabinet à l’extérieur. Et je tombe sur le cabinet où nous sommes en ce moment, à Mantes-la-Jolie. J’y suis depuis octobre 2020 pour enfin exercer ce métier qui me passionne aujourd’hui.

 

 Alors, que se passe-t-il pour vous, vous qui aviez quand même des idées reçues sur votre travail ?

Ce fut un bon début contrairement aux idées reçues. Je ne vis pas encore totalement de mon métier mais j’arrive à payer mes charges. Je n’utilise plus mes ressources personnelles, ce qui est déjà encourageant.

 

On dit clientèle ou patientèle dans votre cas ; et quelle est la particularité des gens que vous recevez ?

C’est Monsieur-Madame tout le monde ; je reçois toutes les couches sociales, des personnes diverses, des jeunes dames, des hommes, de toutes les communautés, des femmes qui ont besoin d’indépendance car bridées par leur religion. Elles veulent aller à découverte d’elles-mêmes. Ce sont des clients, pas des patients, comme pour un médecin.

 

Le fait que vous soyez une femme, et noire en plus, ne les dérange pas ?

Je pense que le fait que je sois Black et femme les fait se sentir plus en sécurité. Je reçois énormément de personnes qui sont dans le développement personnel parce que les gens ont commencé à réaliser en fait, qu’ils ne savent pas ce qu’ils veulent au fond d’eux-mêmes.

 

Comment s’est faite, si je puis dire, votre publicité ?

Par le bouche-à-oreille. Les gens viennent et sont tous différents. Les couples hommes-femmes ou homme-homme viennent me voir. Cette thérapie, c’est un mélange de tout ce qui concerne l’humain, des enfants à partir de 3 ans aux adultes ; mon plus vieux client a 83 ans.

 

 En termes de thérapies justement, quels sont globalement les problèmes que rencontrent ces clients qui ont des besoins d’ordre sexuel ?

Les hommes ont souvent du mal à dire réellement les choses. Or les femmes ont réussi tout de suite à mettre des mots là-dessus. Les hommes, c’est très difficile parce qu’il y a ce souci de performance sexuelle qui touche leur ego. Cela fait que tout de suite, il ne se sentent plus hommes.

 

Justement, ce problème de la performance sexuelle, quelles en sont les causes et comment à amener les hommes à redevenir performants ?

Moi, je ne fais que les accompagner. Je leur fais comprendre que les deux plus gros affaiblisseurs sexuels sont le stress et la fatigue. Rien que de dire ça, c’est plus rassurant pour eux. Certains arrivent en se disant que ce n’est juste pas possible qu’ils aient des problèmes. Sur 10, il y en a 9 qui ne trouvent pas possible que ça ne fonctionne pas. C’est une façon de montrer leur égo.  La sexualité masculine, c’est du factoriel. Donc j’essaie déjà d’analyser leur relation, leur éducation sexuelle, leur état de santé, de stress et surtout la tonicité de leur périnée. Eh oui, les hommes en ont un ! C’est la zone qui part du pubis au coccyx.  Le périnée masculin, on n’y pense pas souvent. Et le fait d’étaler toutes ces choses-là leur permet de comprendre et d’accepter le problème. Les dysfonctionnements sexuels sont à 95% psychologiques.

 

Comment se passe généralement le premier contact avec ce genre de personnes ? Est-ce qu’ils n’ont qu’il n’a pas une trop haute opinion d’eux-mêmes ?

Non. La masculinité est rattachée à la vigueur, à la force et toutes ces idées que plus l’éjaculation est longue, plus on est performant. Or la base de la sexualité est la reproduction. Une éjaculation normale, c’est 1 minute 30 secondes ou 2 minutes. Donc les gens qui pensent qu’ils ont un problème, c’est déjà biaisé au départ. Deux minutes, c’est la norme. Quand je le leur dis, ils sont décomposés. Certains sont plus résistants mais ça s’apprend. L’âge sexuel de la personne est important à connaitre pour savoir depuis combien d’années cette personne a des rapports, comment elle se sent. Si vous avez 35 ans et un âge sexuel de 20 ans, ça peut être un problème. A 20 ans la sexualité est encore légère. Or ce voyage de fonctionnement entre l’âge réel d’une personne et son âge sexuel n’est pas évident. Il faut ramener la personne a une certaine réalité. Il y a beaucoup d’exercices pour y arriver. D’une manière générale, j’amène les gens à rechercher le plaisir et pas la performance sexuelle. Je travaille en considérant l’homme dans sa globalité. C’est cela le côté holistique de mon métier. Ils ne sont pas malades mais on peut agir sur certains facteurs en eux pour trouver la solution. Maintenant s’il n’y a pas d’érection matinale, il faut voir un urologue parce que ça peut être un problème médical. S’il y en a une, c’est que le problème est psychologique.

 

Aujourd’hui, en tant que thérapeute holistique, en tant que femme africaine, comment est-ce que vous êtes perçue à la fois par vos collègues et par la diaspora africaine ?

 Par rapport à mes collègues occidentaux, je pense que ma double culture est une force. On travaille en parfaite harmonie. Mes valeurs africaines sont ancrées en moi. Que ce soit le lieu où on se trouve, quel que soit ce qu’on fait, nous devons rester nous-mêmes. Je ne me sens pas différente par rapport à ma couleur ou quoi que ce soit. Concernant les gens de la diaspora, ils sont très étonnés parce que c’est quelque chose qui n’est pas dans nos mœurs. Mais ils comprennent dès la première séance que ça fait du bien ; et ils l’intègrent dans leur quotidien. J’ai autant de clients blancs qu’Africains. Et comme par hasard, en sexualité, j’ai plus d’Africains et ils en ressortent satisfaits (rires).

 

Pour finir, comment dois-je vous appeler ; docteur ou existe-t-il une autre appellation ?

Appelez-moi Noellie, tout simplement !

Propos recueillis par Malick Daho

 

  • Recherchez le plaisir, pas la performance sexuelle
  • Malick Daho
  • 17/01/2022

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